En 1986, le pape Jean-Paul II rassemblait à Assise, en Italie, les représentants des grandes religions du monde pour un appel à la paix. Cette rencontre fut « l’expression d’un chemin, d’une recherche, d’un pèlerinage pour la paix et la justice », dira le Cardinal Etchegaray. Le pape Benoît XVI renouvelait à son tour ce geste prophétique en octobre 2011. Croyants et hommes de bonne volonté se faisaient alors pèlerins dans cette ville qui a vu naître saint François d’Assise, celui dont le prénom s’est répandu depuis le Moyen-Âge, comme une traînée de paix, partout dans le monde.

« Jamais plus la violence, jamais plus la guerre, jamais plus le terrorisme ! Au nom de Dieu, que chaque religion apporte sur terre, Justice et Paix, Pardon et Vie, Amour », a lancé le pape comme un cri d’espérance.

Cet esprit d’Assise tant voulu par le pape François, cet esprit de paix, trouve une route dans le cœur des hommes qui osent la rencontre, le partage, la prière et le dialogue. Le dialogue suppose que chacun puisse dire une vérité qu’il tient pour essentielle, mais aussi puisse entendre des autres ce qu’ils ont à dire et qu’ils tiennent pour essentiel. C’est le chemin emprunté par celles et ceux que nous appelons les saintes et les saints, peuple immense que nul ne peut dénombrer, peuple de tous les bienheureux.

Pour nous introduire à la fête de la Toussaint, je laisse la parole à Jean-Marie Pelt, cet homme épris de nature, décédé en 2015. Il nous livre une petite réflexion sur cette si belle fête qui réunit les familles du ciel et de la terre

 

« Autrefois les saints étaient partout, aujourd’hui ils ne sont nulle part. Les people les remplacent. (Les saints, modèles exemplaires et forts comme une savoureuse bière d’abbaye belge ; les people, pas de bière, seulement la mousse)

Les saints occupent, du coup, une place discrète dans les médias. Leur nom apparait dans l’éphéméride quotidienne de la météo sous la rubrique des fêtes à souhaiter. La phrase rituelle : « Vous fêterez les Geneviève ou les Patrick », sans qu’il soit fait mention de leur appartenance à la famille des saints. Les people au contraire sont partout, invasifs et intrusifs. Les saints et les people ont un point commun : ils ne sont pas comme nous.

Les premiers sont des géants de l’amour, les seconds des géants de l’argent. Les premiers sont au ciel, les seconds vivent parmi nous, hissés sur le podium. Les saints étaient montrés en exemple. Le peuple chrétien était invité à les suivre, comme le peuple suit aujourd’hui les people dans leurs frasques, leur vie affective pimentée, leurs exhibitions mondaines, leur luxe ostentatoire et leurs folles dépenses. L’adulation qui leur est portée détourne fort opportunément le bon peuple des vraies questions qui les concernent. Ils nourrissent des rêves d’évasion, nous divertissent, nous éloignent de nos préoccupations et nous invitent à des voyages imaginaires dans le merveilleux conte de fées de leur existence. C’est à un tout autre voyage que nous invitent les saints. » 

 

                                                                              P. François Gerfaud

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